
Les labels IA auront besoin de standards communs
Identifier les contenus générés par l’intelligence artificielle constitue une première étape. Encore faut-il que les labels soient appliqués de manière cohérente et que les utilisateurs puissent vérifier un contenu indépendamment de son créateur.
Avec l’AI Act, la transparence devient une composante centrale de la confiance numérique. Certains contenus artificiels devront être identifiés et les utilisateurs informés lorsqu’ils interagissent avec une intelligence artificielle. La portée de ces obligations dépendra toutefois de leur application. Les contenus circulent entre plusieurs plateformes et traversent les frontières. Si chaque service utilise ses propres règles, ses propres labels ou ses propres méthodes d’identification, un même contenu risque de ne pas être présenté de manière uniforme tout au long de sa diffusion.
Ne pas dépendre uniquement du créateur
Un label renseigne l’utilisateur lorsque l’auteur du contenu respecte les règles. Il devient beaucoup moins utile lorsque celui-ci omet volontairement de déclarer l’origine artificielle d’une image, d’une vidéo ou d’un enregistrement.
Tiberiu Cobzaru, Product Manager chez Bitdefender, estime que les utilisateurs doivent donc pouvoir procéder à leurs propres vérifications. « C’est pourquoi les exigences en matière de transparence doivent être complétées par des outils de vérification indépendants permettant aux utilisateurs d’évaluer eux-mêmes l’authenticité d’un contenu numérique, qu’il soit ou non étiqueté par son créateur. Des solutions contribuent déjà à combler cette lacune en permettant aux utilisateurs de vérifier de manière indépendante les contenus suspects générés par l’IA. Par ailleurs, l’adoption de normes reconnues à l’échelle internationale permettrait de garantir une application cohérente des labels liés à l’IA sur l’ensemble des plateformes et des juridictions. »
Assurer la continuité de la transparence
L’enjeu ne consiste donc pas seulement à créer un label, mais à préserver sa signification lorsque le contenu est partagé, téléchargé ou publié sur un autre service. Des standards communs permettraient aux plateformes et aux outils de vérification de s’appuyer sur les mêmes repères.
La transparence deviendrait alors moins dépendante de la bonne volonté du créateur ou des règles propres à chaque plateforme. Elle pourrait accompagner le contenu pendant sa circulation et donner aux utilisateurs les moyens d’évaluer son authenticité, y compris lorsque son origine n’est pas clairement déclarée.

